
La morsure
Texte en cours d'écriture
Elle naît un matin tranquille,
de deux regards où tout semble possible.
Aucun mot n’a encore été prononcé.
Aucun empêchement en son nom.
À l’aube du jour suivant,
alors que sa mère la nourrit,
un bleu couleur nuit mord sa peau neuve.
Elle ne sent rien de la douleur.
Elle grandit penchée,
son corps poussé autour de l’inconfort.
Elle voit ainsi le monde.
Il y a de la joie autour de ce qu’elle prend pour un jeu.
Elle glisse toujours une main entre elle et sa chaise.
Sait transformer un rictus en rire.
Personne ne remarque rien.
Et puis, l’enfance ne s’assoit jamais.
*
Un soir de dîner familial.
elle s’assoit comme les autres.
Et la poche de venin cède,
au milieu de sa confiance.
Un mot la fait rompre,
de ceux qui atteignent les os.
Le bleu se met à grandir,
Tout le reste rétrécit.
Son enfance prend feu.
Elle ne sait comment tendre les bras
pour la sauver.
Elle est le terrain de jeu d’une histoire brisée.
Elle tombe de sa chaise.
Le regard de son père la redresse.
Elle s’y accroche.
Mais l’abandon a eu lieu.
​
*
​
L’araignée a pris les rennes
et laisse sa fille
dans un ensemble inquiétant de signes.
Un passé au goût âpre qui tient en joue leur histoire.
L’abandon n’est pas démenti.
Il est un leg,
avec lequel les femmes de sa famille doivent vivre.
Les ascendantes la scrutent dans l’arène.

