Résidences d'écriture
CNL
Lauréate bourse de résidence 2026

En Février 2026, j’obtenais une bourse de résidence CLN d’un mois pour écrire mon livre "La Morsure », en partenariat avec l’association FAIR, "Female Artists in résidence ».
En Mars 2026 j’ai été accueillie dans leur lieu, au Moulin du bel air, à Joué-sur-Erdre, près de Nantes. J’y retourne en Novembre et décembre. Pendant ces moments de résidence, j’écris, je mène des ateliers, fait des lectures, expose, en collaboration avec la structure. Merci à elleux.
"La Morsure" est un texte poétique qui parle de l'amour des mères et des filles, sur plusieurs générations, de la difficulté des mères à créer un espace d’amour sain, en partie à cause des traumatismes liés aux violences des hommes, qui ont clos ces endroits.
Il parle de la place des pères.
Il parle de ces filles, qui se sont protégées de l’amour de leur mère, pour survivre.
Et qui un jour sortent de ce système pour vivre leur propre vie et accepter de recevoir.

Moulin du Bel Air-
Lieu de résidence FAIR




2023

Du 15 au 28 mai 2023, j'ai été en résidence d'écriture, à La Factorie, Maison de poésie/ Normandie, sur le thème "Chanter les rivières", avec la poétesse Marcella, avec qui nous avons travaillé plus particulièrement sur le corps.

Extrait de "Sortie de corps"
"Elle naît à pleins poumons.
Regarde attentivement autour d’elle.
Trouve qu’il y a quelque chose qui cloche, mais ne sait pas quoi.
Elle décide de jouer le jeu.
De toute façon, elle n’a pas le choix.
Née de l’esprit de son père et du corps de sa mère,
elle est coincée entre deux étages,
avec pour seul escalier une injonction à la perfection.
Très tôt, elle panique.
Elle n’y arrivera pas.
Elle veut pourtant que ses parents la voient.
Être vu, c’est être aimée.
Mais ils regardent souvent en direction du toit terrasse.
C’est là aussi qu’on leur a demandé d’être.
Depuis toujours, on prête attention à son corps qui a mal.
Un « Ça ne va pas ? » équivaut à un « je t’aime ».
Elle se fabrique ainsi des plaies imaginaires et finit par y croire.
L’irréversible s’impose, même à l’heure du lait en brique et des sauts à la marelle.
Et si elle ne parvenait pas à redescendre sur terre ?
Elle porte un masque au sourire rassurant,
mâche en silence ses inquiétudes.
Il ne faut pas affoler ceux qui les lui ont offertes.
En attendant, personne ne fait de tas avec.
Sous son lit, des yeux jaunes immobiles la fixent.
Elle se penche pour les chasser mais ils disparaissent à chaque fois.
Seule leur haleine reste pour occuper le territoire.
Elle rejoint sa mère sur le canapé. Son corps au bord de respirer.
Accepte le cordon ombilical qu’on lui tend.
Elle est assaillie par les secrets posés sur un plateau tendu à la naissance, sans mode d’emploi transmis avec. Elle préfèrerait une pelote de réjection coincée dans la gorge.
Au moins, on sait ce qu’on trouve dedans. C’est Mme Sauton qui l’a dit.
En public, elle porte un nez rouge pour divertir ce qui empêche les autres de vivre.
Corps en équilibre sur les mots, mots en éclats. Le rire s'invite.
Attention, le bonheur c’est maintenant.
Tout le monde s’agrippe.


J'ai présenté mon installation Le chant des racines, au Festival Poesia, du 26 au 28 mai.
