Projets de publication

Vous trouverez ici des extraits de projets d'écriture en cours, ainsi que des projets achevés et en recherche d'Éditeur.

Comme une aile repliée sur la peau,

Fragments 

Un matin,  il y a le changement inespéré d’une femme, comme une récolte qu’on n’attendait plus. 

Avant cela, il y a un long chemin sur lequel elle oscille entre une grande retenue à devenir et des vagues puissantes de liberté.

De ce nom qui est venu

Recueil présenté au prix Amélie Murat

-

Elle veut traverser la forêt,

rentrer dans la matière qui lui donnera la consistance de la chair,

Elle court mais à quoi bon ?
Elle tombera dans l'âge en petits morceaux,
son âme de brindilles à la renverse.

Ses rêves, eux, adhèrent au ciment.

Leurs voix claquent au fond,

condamnées par la surface raide.

 

Hurlements d’air et de bois autour.

La nuit larve ses morsures.

Elle est une petite flamme dans l'énergie noire et sale.

L'oxygène goutte en dégringolades,

mais rien ne lui parvient.

Ses traces ont le gris de la cendre.

Portraits de Failles (auto-édition)

Textes et photographies

Portraits urbains

L’homme de profil rêve par la bouche.

Il cherche une langue où embarquer.

Sa voix tremble trop à présent pour remonter jusqu’à celles des autres. 

Il rend mot après mot la fourche, l’enclos, les serrements, l’ogre et l’obscurité.

Reste alors sa parole à peine écoutée.

C’est là que naîtra le poème.

Publications Floriane Durey.jpg

Bientôt l'hiver sur nos vingt ans

Bientôt l’hiver sur nos vingt ans et pourtant je t’aime. 

Ici, sur ce banc.

Dans la mémoire mêlée de nos corps et ce qu’ils ne racontent déjà plus, notre histoire se disperse.

 

Les premiers pas, comme le tout début d’un mot encore jamais prononcé, une caresse qui ne s’achève pas.

Éboulis de lignes, 

Éboulis de temps.

Sol percuté à pleine bouche.

L’amour finit-il dans les peaux écorchées qui ne cicatrisent plus de chuter ?

Nous voulions un lit traversé par les vents qui épellent.

Des nuits qui pressentent les jours.

Une douceur à en ravaler les doutes, dans chaque paume.

Nous, à la place de l’air.

Au fil de nos silences, nos langues sont devenues embrun.

Nos mots, poussière d'eau. 

Parfois, je les entends à la crête des vagues,

ils claquent aussi fort que la fin.

Faut-il renoncer à parcourir le ciel plus longtemps,

Invisible espace qui scelle sans parole ni regard ?

L’horizon se cartographie de brumes. 

Ranger tous les brouillards dans nos poches n’aura pas suffi à nous retrouver.

Comment quitter ta nuque, territoire d’une peau tissée instantanément à la mienne ?

L'amour ne naît pas.

Il est.

Furieux dans les chairs,

c’est le chant commun de l’illimité.

Perdre

Toujours perdre et partir

 

Voix muette

 Le chant des racines

Chant d’amour

 

Ta bouche ne chante plus.

 

Le cri de tes mots arrachés appartient désormais à la vallée des Hommes sans parole.

 

Tu tenais de tes mains chacun de leurs champs ravagés jusqu’au fond de l’ombre,

Mais tu les as retirées un instant, celui de l’espoir.

Et tu as perdu ta voix,

Déracinée d’un coup sec.

Etre, c'est peut-être

Être, c’est désobéir au chant parfait. C’est construire son horizon ourlé des autres. C’est accepter un novembre sans rêve. C’est parfois le vertige de trop nombreux chemins. C’est se séparer de la mélancolie d’un autre temps. Être, n’est jamais trop tard.  Être, c’est peut-être essayer jusqu’au soir. Être c’est tout simplement ta main sur mon visage et mon visage qui t’aime mon amour. C’est peut-être le silence de cocon. Être, c’est prévoir de façon raisonnable les moments de peine de sa vie. C’est se souvenir sans pleurer. Être, c’est sans retenue. C’est s’irriguer de ton regard d’enfant. Être, ça n’est pas juste le premier cri. Être c’est un million de soupirs. Être, c’est ici maintenant. Être, ça parle de répétitions, d’habitudes et de volées en éclats. Être, c’est plus difficile que de ne pas être. Être, c’est rire devant le reflet de son égo. Être, c’est engager ses pas vers. Être, c’est ne rien attendre. C’est surgir. C’est rugir. C’est pulvériser notre énergie sur notre chemin. Être, c’est toi, toi toute entière dans mon cœur d’amour sauvage. Être, c’est traverser. C’est revenir sur ta rive, puis repartir. Être, c’est une vague de sens et de tendre. Être, C’est vaciller. Être commence à l’unisson des trêves. Être, c’est le désarroi des hommes. C’est enfiler le temps. C’est un passage avide. Être, c’est détricoter patiemment les mailles de nos pulls trop grands. Être, ça n’est jamais qu’écrire plusieurs brouillons de soi.