Projets d'Édition 2020

Vous trouverez ici des extraits de projets d'écriture en cours, ainsi que des projets achevés et en recherche d'Éditeurs.

De ce nom qui est venu

Recueil présenté au prix Amélie Murat

-

Elle veut traverser la forêt,

Rentrer dans la matière qui lui donnera la consistance de la chair,

Elle court mais à quoi bon ?
Elle tombera dans l'âge
En petits morceaux
Son âme de brindilles
À la renverse.

Ses rêves, eux, adhèrent au ciment, 

Leurs voix claquent au fond,

Condamnées par la surface raide.

 

Hurlements d’air et de bois autour,

La nuit larve ses morsures,

Elle est une petite flamme dans l'énergie noire et sale,

L'oxygène goutte en dégringolades,

Mais rien ne lui parvient.

Ses traces ont le gris de la cendre.

En silence

Recueil de portraits, textes et photographies.

L'homme de profil

L’homme de profil rêve par la bouche.

Il cherche une langue où embarquer.

Sa voix tremble trop à présent pour remonter jusqu’à celles des autres. 

Il rend mot après mot la fourche, l’enclos, les serrements, l’ogre et l’obscurité.

Reste alors sa parole à peine écoutée.

C’est là que naîtra le poème.

Comme une aile repliée sur la peau,

Fragments 

*

Elle prend la route, seule un jour discontinu. 

Femme aux deux cœurs, elle a imaginé un temps qu'ils pourraient exister ensemble, mais c’est un bruit qui soulève trop de questions.

Leurs pulsations s’emmêlent dans un écho brutal, la laissant à chaque fois à bout de souffle.

L’un palpite dans le murmure de brûlures anciennes, l’autre ne bat pas encore. 

 

Un jour de ciel silencieux, 

Elle se lève avec la peau de la nuit,

À peine plus légère que les autres jours,

Mais cela suffit.

 

Elle enterre son premier cœur. La route ne se disjoint pas sous ses pas. Elle le dépose dans une terre douce, noire et légère, pour l’étreindre toujours. 

 

Alors, le second prend place avec un battement clair et régulier. Elle le connaît à peine mais il n'occupe déjà plus tout l’espace. 

*

Une porte claque, la maison vibre. Tout ce qu’elle a compris s’écroule. Elle ne sait plus comment se tenir et se ramasse patiemment.

*

Son nom pousse par intermittence mais il est sur le seuil. Comme un chien bien éduqué, il n’a pas encore été invité à entrer. Il n’a pour l’instant ni queue ni tête. Il n’est que luttes intestines et pattes désordonnées. Il ne ressemble à rien quand les peurs le piétinent. Mais on l’entend enfin derrière la porte.

 

*

En attendant, elle taille ses jambes pour la marche. Elle imagine que c’est un début qui ressemble à l’équilibre. Elle a choisi du bois clair et un tout petit rabot qui ne ruine en rien le paisible en elle. 

 

*

Il lui faudra une bouche en premier. Pas de celles qui érigent les secrets. Celles-ci méritent qu’on les tordre sous nos pas.

 

*

Ce matin, elle devine une aile repliée sous sa peau. Elle la sent comme un enfant qui bouge absolument dans le ventre. Ce mouvement est imprononçable pour l’instant. Elle parvient à l’entendre lorsque les hurlements se tarissent. 

 

Elle ne peut encore dire s’il est question d’une douleur ou d’un soulagement. Il y a du sauvage, ça c’est une évidence.

Bientôt l'hiver sur nos vingt ans

Travail de mise en voix et en musique du texte "Bientôt l'hiver sur nos vingt ans".

Collaboration mystère avec un musicien poète.

 

 

 

 

 

    

 

Voix 1

 

 

Bientôt l’hiver sur nos vingt ans et pourtant je t’aime. 

Ici, sur ce banc.

 

 

Les premiers pas, comme le tout début d’un mot encore jamais prononcé, 

Une caresse qui ne s’achève pas.

 

 

 

 

Nous, à la place de l’air.

Nous voulions un lit traversé par les vents qui épellent, 

Des nuits qui pressentent les jours, 

Une douceur à en ravaler les doutes,

Dans chaque paume.

Faut-il renoncer à parcourir le ciel plus longtemps ?

Invisible espace qui scelle sans parole ni regard,

 

 

 

Comment quitter ta nuque,

Territoire inconnu d’une peau tissée instantanément à la mienne ?

 

 

L'amour ne naît pas.

Il est.

Furieux dans les chairs,

C’est le chant commun de l’illimité.

 

 

Voix

 

©Julien Branco

Voix 2

Dans la mémoire mêlée de nos corps et ce qu’ils ne racontent déjà plus, une histoire se disperse.

 

 

Éboulis de lignes, 

Éboulis de temps

Sol percuté à pleine bouche,

L’amour finit-il dans les peaux écorchées qui ne cicatrisent plus de chuter ?

 

 

Au fil de nos silences, nos langues sont devenues embrun, 

Les mots, poussière d'eau. 

Parfois, je les entends à la crête des vagues,

Ils claquent aussi fort que la fin.

 

 

 

 

L’horizon en cartographie de brumes. 

Ranger tous les brouillards dans nos poches n’a pas suffi à nous retrouver.

 

 

Perdre.

 

 

 

 

Toujours perdre et partir. 

 

 

 

Muette

© 2017 par Floriane Durey. Créé avec Wix.com

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